«FABRIQUE» AU TIBET
CATHERINE MARLEY, M.D.

 

 

Qui est-ce qui fabrique un Lhasa Apso? En un mot : le Tibet. Bien des races sont de toute évidence fabriquées par l'homme et la sélection naturelle due à un environnement particulier ne se manifeste guère. Les races tibétaines sont plus évidemment les produits de la nature. Il existe quatre races Tibétaines reconnues. Parmi celles-ci, c'est le Lhasa Apso qui affiche le plus clairement le cachet « fabriqué au Tibet».

Le Tibet se situe sur un haut plateau (pour la plus grande partie, au dessus de 12 000 pieds ou 4 000 mètres), limité au sud et à l'ouest par l'Himalaya (29 000 pieds, 8 200 mètres) et au nord par le Kunlun Shan (25 000 pieds, 7 500 mètres). Étant donné que la latitude du plateau est d'environ 30 à 35 degrés, semblable à celle de la Floride, la radiation solaire intense est subtropicale, tandis que l'altitude préserve les températures sub-artiques. Le climat du plateau tout entier est aride et froid : il varie entre une steppe d'herbe courte dans l'Amdo à un véritable désert du plateau Chang Tang au nord. La seule possibilité d'agriculture s'exerce dans les vallées arrosées, tout au long de l'année, par les écoulements glacés des chaînes de montagnes qui les entourent. Au cours de siècles innombrables, le peuple Tibétain à vécu en conservant ses animaux domestiques dans cette terre quelque peu inhospitalière: régie par les montagnes.

Nous savons peu de la préhistoire du Tibet mais on pense que cette vaste zone, qui couvre plus d'un million de miles carrés, était habitée par des tributs de bergers et de chasseurs nomades. Ces populations ont pris contact assez vite avec d'autres peuplades de la zone, et ont établi des routes commerciales reliant la Chine, l'Inde, la Mongolie et la Russie.

L'histoire du Tibet commence au 6ème siècle avec l'établissement du royaume de Yarlung au sud. Srongtsen Gampo, chef de clan puissant de l'époque, étendit son territoire sur des parties du Népal, de Kokonor, du Turkestan et de la Chine. Il épousa Wen Ch'eng, princesse chinoise de la dynastie Tang. Celle-ci, avec l'aide de la Princesse Népalaise Bribstun, contribua à introduire le Bouddhisme au Tibet. Les premiers monastères bouddhistes apparurent vers la fin du Sème siècle.

En 1206, Genghis Khan envahit le Tibet central. En se rendant, les Tibétains préservèrent leur droit au gouvernement autonome. Avec le petit fils de Genghis, Kublai-Khan, le Tibet perdit la plus grande partie de son indépendance et fut régie par Beijing, la nouvelle capitale chinoise. A Kublai-Khan, le pouvoir mongole sur le Tibet se mit à décliner. Au 16ème siècle, le poste du Dalaï Lama fut creer par Altan Khan, afin d'établir un certain contrôle sur les factions tribales au Tibet et il s'en suivit une période relativement pacifique.

Au 18ème siècle, de nouveau, les chinois envahirent le Tibet et occupèrent Lhasa. Peu après, il y eut l'invasion des Bhoutanais et encore plus tard, celle des Britanniques. La première mission Britannique exploratoire au 19ème siècle eut lieu au monastère Trashi Lumpo. Plus tard, en 1904, une autre force expéditionnaire Britannique parvint à Lhasa pour obtenir la signature d'accords commerciaux. Les premiers Lhasa Apso arrivèrent en Grande Bretagne peu après. Lors de la proclamation de la République de Chine, le Dalaï Lama chassa la garnison chinoise et déclara l'indépendance du Tibet. Les chinois n'ont jamais reconnu l'indépendance du Tibet, et comme nous ne le savons que trop, ils affirmèrent leur prétentions en envahissant à nouveau le Tibet en 1950 et 1959.

Avant les années 20, plusieurs observateurs Britanniques en visite dans la région ramenèrent des rapports concernant les chiens (fascinants) séduisants de ce pays. Une de ces premières descriptions qui parut dans un magazine Britannique en 1904 a constitué la base du standard actuel de la race Lhasa Apso. Vers la fin des années 20, le Colonel FM. Baily, membre d'une mission politique au Tibet, importa un certain nombre de Lhasa Apso en Grande Bretagne. Un ami Américain de Baily, Suydham Cutting, effectua plusieurs autres importations, et établit la branche Hamilton des Lhasa Apso dans ce pays. En Angleterre, il ne reste que fort peu de descendants des importations originales de Baily, fort peu qui ne soient pas mélangées avec des branches d'une autre source, mais beaucoup d'américains ont poursuivi l'élevage d'une lignée intacte des descendants des premières importations Hamilton. Leur but est de maintenir les qualités et caractéristiques uniques de cette race telles qu'elles étaient lorsque Baïly et Suydharn Cutting la connurent pour la première fois au Tibet.

En tant que biologiste et médecin, et depuis 25 ans, éleveuse de Lhasa Apso, j'ai toujours été fasciné par les aspects physiologiques et révolutionnaires du Lhasa Apso. Comment ce petit chien est-il arrivé ? (comment a été créé ce petit chien ? ). Alors la première thèse de mon rapport c'est que le Lhasa Apso est un produit vraiment unique de son environnement : à peu près de la même façon que les races Esquimaux. Deuxièmement, vous démontrer que les caractéristiques physiques et mentales du Lhasa Apso représentent une stratégie de survivance. En dernier lieu, j'essayerais de vous démontrer l'importance de ces stratégies de survivances en ce qui concerne les différentes caractéristiques qui composent le type de race, ainsi que la nécessité de maintenir ces caractéristiques naturelles que l'évolution a conféré à cette race.

L'altitude, les températures extrêmes, le manque de pluie et le terrain raboteux lui-même, font que le plateau du Tibet est peut-être l'une des zones habitées les plus rudes du monde. Chacun de ces facteurs exerce sa propre influence sur les créatures qui y vivent. Les animaux domestiques du Tibet et de toutes les régions de l'Himalaya différent très peu des espèces sauvages desquelles elles sont issues. Sans aucun doute, la raison en est que l'environnement ne permet guère que très peu d'altération de la Nature. (Le Yak n'est certainement pas le genre de créature qu'on chercherait à créer comme bête de somme. Cependant, dans les cols élevés de l'Himalaya, ce boeuf sauvage domestiqué est le seul animal capable d'effectuer le travail). Nous examinerons donc chacun de ces challenges de la Nature, et son influence sur la structure et sur le tempérament du Lhasa Apso,

I. LE CLIMAT
Le livre de Galen Rowell « Mon Tibet », qui se base sur des voyages approfondis dans ce pays, mentionne l'étrange ressemblance qui existe entre la Sierra Orientale de la Californie et le Plateau Tibétain. En réalité, probablement l'exemple le plus proche du type de climat Tibétain que l'on puisse trouver dans notre pays (U.S.A) se situe prés du sommet du Mont Whitney, en Californie. Ce rempart aride de granit fait brusquement saillie du désert de Mojave pour s'élever jusquà 14 495 pieds (4 348 mètres), altitude similaire à celle de la plus grande partie du plateau Tibétain. A cette altitude, il y a un perpétuel vent froid, alors que le soleil s'abat férocement de son ciel indigo. Les températures diurnes, à quelques kilomètres plus loin dans le désert, peuvent atteindre jusqu'à 120 F (49 degrés centigrades !) alors que la température nocturne, dans la montagne, peut descendre à des niveaux plus bas que zéro. L'atmosphère à cette altitude est si peu épaisse et l'oxygène si rare que des jeunes gens en bonne santé peuvent tout à coup contracter un oedème pulmonaire et mourir à moins qu'on ne les évacue immédiatement à une altitude plus faible. C'est cela le genre de climat qui a façonné le Lhasa Apso,

Le Lhasa Apso s'est développé probablement plus par accident que par dessein. Sachant ce que nous savons des Tibétains, il semble peu probable qu'ils aient effectué un élevage sélectif tel que nous l'entendons. Les premiers Tibétains étaient chasseurs et bergers. Les peuples pastoraux ont toujours compté sur les chiens, de gros chiens pour la chasse et pour surveiller les troupeaux, des chiens moyens pour rassembler les troupeaux et des petits chiens comme compagnons, et pour garder les tentes, à l'intérieur Sans invoquer une quelconque signification religieuse particulière, nous savons que les chiens ont toujours eu de l'importance pour les Tibétains, de même que pour la plupart des cultures pastorales. Les Tibétains menaient une vie humble et rigoureuse, et ne pouvaient offrir que peu de bien-être à leurs animaux quels qu'ils soient. Assez semblablement aux chiens des Esquimaux, les Lhasa Apso partageaient la vie pénible et dure de leurs maîtres: ils survivaient ou ils mouraient suivant la façon avec laquelle ils affrontaient les challenges de l'environnement et les ravages des maladies et des parasites.

Préservation de la chaleur Ce que le climat Himalayen du Tibet exige en premier lieu c'est que l'animal soit capable de conserver la chaleur. Sa chaleur est un sous-produit du métabolisme du brûlage des calories alimentaires. Le tissu possédant la plus grande activité métabolique est le muscle. Les os et la graisse sont moins actifs métaboliquernent, quoique la graisse offre d'excellentes qualités en ce qui concerne l'isolation. Il s'ensuit que l'animal adapté au froid aurait un corps bien musclé, avec une bonne niasse de graisse, alors que sa masse osseuse serait moins importante que celle d'une proche lignée apparentée, adaptée à un climat tempéré. La perte de chaleur peut aussi être limitée par l'isolation de la surface. La graisse sous-cutané ajoutée à une fourrure efficace, dense, et double, aideront à conserver la chaleur.

Alors que la quantité de chaleur produite par un animal est proportionnelle à sa masse ou à son volume, la perte de chaleur s'effectue surtout par la surface du corps. La zone de surface du corps, comme de toute autre zone, est directement proportionnelle à sa hauteur multipliée par sa largeur, Le rapport entre la masse et la surface revêt une grande importance dans un climat froid. Les petits animaux ont une zone de surface supérieure par rapport à leur masse que celle d'animaux plus grands. Les animaux aux longues pattes, les animaux minces ont des zones de surface plus étendues que celles des animaux trapus à pattes courtes. Même dans les lignées de races humaines, il est possible d'identifier l'influence du climat sur le type de corps des habitants de longue date. L'Esquimau est petit et fort avec des membres courts et un grand pourcentage de graisse. Certaines tribus Africaines équatoriales sont d'une configuration absolument opposée : des corps longs et minces, une grande zone de surface, peu de graisse. Afin de limiter la perte de chaleur de l'animal adapté au froid, le corps doit être aussi compact que possible.

Pour résumer la stratégie de la préservation de la chaleur : Maximiser la masse (le muscle), minimiser la zone de surface (membres plus courts, corps compact) et isoler (robe, graisse).

Le second challenge climatique est celui de la radiation de la chaleur et solaire. Cette même robe qui est isolante contre le froid peut protéger contre la chaleur et contre la radiation U.V. extrêmement brillante. (Chapeaux et ombrelles seraient utiles, tête baissée, la queue retournée sur le dos ?). L'halètement qui se sert de la surface des poumons pour chasser la chaleur est très efficace dans l'humidité du désert.

La stratégie employée pour combattre les radiations solaires et de la chaleur, c'est la couverture (robe, queue sur le dos, tête basse) et la respiration (surface étendue des poumons).

II. ALTITUDE
L' altitude élevée implique des exigences spéciales pour les animaux. Certaines des adaptations constatées dans les populations humaines ne sont pas encore bien comprises même à l'époque actuelle. Pour vivre confortablement à une altitude de 16 000 pieds, on exige non seulement une capacité respiratoire accrue, mais également des changements de la chimie cellulaire. Toutes les populations de montagnes ont développé un physique typique : petits membres courts, longs torses et cavités thoraciques agrandies. La plupart des habitants des montagnes ont aussi développé une quantité plus importante de cellule sanguine rouge et une concentration plus forte de l'hémoglobine, afin d'extraire davantage d'oxygène de l'air rare.

La stratégie employée par les animaux comme par les gens vivant en haute altitude consiste en une forte capacité respiratoire (grands poumons, bonnes voies respiratoires), structure efficace (élimination de l'excès de masse non essentielle et parfois ajustement chimique).

III. TERRAIN
Le territoire Tibétains peut se résumer en trois mots « montées et descentes ». Il ne faut pas que l'on s'imagine le plateau comme étant une surface plate bien qu'élevée. Il y a des millions d'années le sous-continent indien, mouvant, heurta le continent asiatique, projetant l'Himalaya et soulevant le plateau Tibétain, processus géologique qui se poursuit aujourd'hui encore. Toute la surface surélevée est ridée d'innombrables chaînes de montagnes plus petites. La surface est aride, rocheuse, poussiéreuse et il n'y à guère de terrain plat. Lhomme comme l'animal doit avoir un bon appareil de grimpe, il doit être fort, avoir le pied sûr. Les pieds doivent être résistants et bien protégés. Les corps doivent être construits plutôt pour la -vigueur que la rapidité : pour la marche, l'escalade et le saut plutôt que pour le trot ou la course sur terrain plat, ainsi que les pratiquent les animaux de plaine.

Les caractéristiques de la stratégie du terrain sont : de bons pieds sûrs et forts soit un équipement pour le saut et l'escalade.

En résumé, les stratégies d'adaptations prescrites comme préalables (et) nécessaires pour le type Lhasa Apso sont au nombre de trois :

Examinons le Lhasa Apso point par point comme le fait le standard, et tachons de comprendre de façon détaillée comment le Lhasa Apso s'ajuste aux impératifs biologiques du Tibet.

CARACTÈRE : GAI ET AUTORITAIRE MAIS CIRCONSPECT A VEC LES ÉTRANGERS. Pour remplir ses fonctions de sentinelle, le Lhasa Apso se doit d'être un chien calme, intelligent, alerte et indépendant. Sa méfiance des étrangers est un attribut estimé par les Tibétains. Bien qu'avec ses amis intimes il puisse être extrêmement sensible, affectueux et joueur, il ne perd jamais son air de flegme. Le Lhasa Apso ne peut être un chien gaspilleur d'énergie, nerveux, hyper-actif. Il ne doit pas être hargneux, fainéant ni peureux. C'est un compagnon naturellement digne et sensé, mais le fait d'être extrêmement soucieux d'obtenir l'approbation de ses maîtres n'est pas une de ses caractéristiques.

Le chien de concours idéal a une personnalité quelque peu différente. Il faudrait qu'il soit dépendant et docile, avide de faire plaisir avec tendance à l'hyper-activité. Les Lhasa Apso de tempérament typique ne sont pas souvent de bons chiens de concours. (Quelle est la personne ou l'animal sensé qui passerait tout un après midi à exécuter alternativement des séances de poses et des courses circulaires en compagnie d'un tas d'autres imbéciles suivant le même programme ?). J'ai souvent entendu des « éleveurs de concours » affirmer quils n'élevaient pas des « pets » (animaux familiers !) mais des « chiens de concours ». Mais avons-nous le droit de modifier les attributs naturels, physiques ou mentaux, de ce petit compagnon unique, le produit de mil ans d'évolution pour la seule raison de satisfaire les exigences de notre marotte 1

TAILLES: VARIABLE MAIS D 'ENVIRON 10 OU 11 POUCES À L 'ÉPAULE POUR LES CHIENS, LÉGÈREMENT MOINS POUR LES CHIENNES. l'animal montagnard n'est pas nécessairement d'une taille spéciale. Cependant la fonction du Lhasa Apso en tant que sentinelle d'intérieur suggère une taille commode. En fait, le Lhasa Apso est à peu prés aussi petit qu'un chien puisse exister tout en étant viable dans le climat Tibétain. Plus les dimensions linéaires d'un animal sont réduites, plus la zone de surface est grande en proportion de sa masse. Ce qui signifie qu'un très petit animal a une surface bien plus grande (par laquelle s'effectue la déperdition de chaleur) en comparaison de sa masse (qui produit la chaleur). Ces animaux très petits ont un métabolisme très élevé, ils vivent dans des terriers protégés, et hibernent pendant les conditions défavorables. Aucune de ces adaptations n'est accessible aux canins.

L' enceinte de concours (show-ring) en plein air tend à exagérer la longueur et à raccourcir la hauteur apparente des chiens, surtout des petits chiens. Les éleveurs ont trouvés réponse à cette pression en sélectionnant pour obtenir un chien plus haut, plus carré. La taille de la plupart des Lhasa Apso dans ce pays a augmenter à un point tel que le Lhasa Apso de taille correcte semble anormalement petit. Pour les juges qui ont de la difficulté à garder présente à l'esprit l'image de 11 pieds, je me permet de leur suggérer d'apporter en guise de référence une simple feuille de papier machine.

COULEURS: TOUTES LES COULEURS SONT ÉGALEMENT ACCEPTABLES, AVEC OU SANS EXTRÉMITÉS FONCÉES DES OREILLES ET DE LA BARBE. Il n'y a aucune couleur en particulier qui confère un avantage de survivance à un animal domestique. La lumière solaire puissante au Tibet fait que la pigmentation foncée des yeux et du nez est préférable puisqu'elle résiste mieux aux coups de soleil.

L.A FORME DU CORPS : LA LONGUEUR ENTRE LA POINTE DE L'ÉPAULE, LA POINTE DU POSTÉRIEUR EST PLUS LONGUE QUE LA HAUTEUR AU GARROT, CÔTÉS SOLIDES., FORTES LOMBES, ARRIÈRE-TRAIN ET CUISSES BIEN DÉVELOPPÉS. Le Lhasa Apso a développé la forme du corps lui permettant de survivre au Tibet. C'est de nécessité un chien rectangulaire. La conservation de la chaleur a deux exigences : que la masse musculaire soit maximisée pour la production de chaleur et que les membres soient aussi courts que possible pour minimiser la perdition de chaleur. Le contour rectangulaire permet la conservation de la chaleur et également la longueur nécessaire du corps pour loger des poumons importants en vue de la respiration en forte altitude. Étant donné l'altitude, les poumons doivent être volumineux par rapport à la taille du chien, et capables d'une expansion importante. Dans ce but (expansion) la meilleure forme de torse (poitrine) n'est pas le tonneau, qui n'a pas de cage thoracique qui ne peut se dilater, mais plutôt un torse modérément arrondi avec de longues côtes obliques. Sa capacité respiratoire est obtenue par l'élongation de la cavité thoracique plutôt qu'en assumant une forme de tonneau. Certains sont extrêmement critiques du Lhasa Apso « long et bas ». Il n'en est pas moins exact que cet animal obtient sa capacité de respiration en altitude élevée grâce à l'élongation de son corps. C'est ainsi que le « dos court » si recherché par certains éleveurs est un trait typique de créatures vivant en basse altitude, qui ne convient guère à un petit chien Himalayen. Cependant une très grande longueur de corps accroît la surface donc la déperdition de chaleur. Sa tendance à une extrême longueur (pour la capacité respiratoire) est freinée par la nécessité de conserver la chaleur. La forme du corps du Lhasa Apso est le résultat d'une série de compromis merveilleusement équilibrés, modifiés par les contraintes de l'environnement, elle évite toute exagération.

Comme indiqué ci-dessus, la piste de concours a la tendance de faire modifier la forme du chien pour obtenir un type de chien plus haut sur pattes, au corps plus court. Pour obtenir ce changement, on a souvent modifier la masse protectrice de chaleur, de même que la longueur des côtes, si nécessaire à la survivance dans l'environnement natal de l'animal. Bien qu'un corps très long implique la lourdeur due aux os, ce qui est incompatible avec l'agilité de la race, un corps très court n'aura pas la longueur de côtes ni la masse nécessaire à la survivance en Himalaya. Par ailleurs bien équilibré, le Lhasa Apso à corps long ne devrait pas impliquer la mauvaise note que lui accorde souvent les « éleveurs de concours ».

Le terrain accidenté exige un bon équipement de saut. Des lombes fortes et courtes fournissent la force nécessaire. Pour le besoin de chaleur, nous savons déjà que le chien doit être relativement massif, surtout grâce aux muscles. Cependant le besoin d'efficacité (pas d'excès de bagage) et d'agilité (le « Klutz » ne dure pas longtemps) limite l'importance de la masse. Le compromis consiste en un chien qui a plus de muscles que la normale pour sa taille (on ne s'attend pas à le sentir si lourd) et en même temps il a moins d'os (ou des os plus courts) que la normale pour son importance musculaire. Bref, les Lhasa Apso, comme les peuplades de l'Himalaya sont robustes, vigoureux, et pourtant petits, résistants et agiles.

Tandis que le standard ne dit rien en ce qui concerne le mouvement, l'environnement exige une allure efficace et économique, caractéristique partagée par les autres animaux montagnards. A la maison, en tant que compagnon et gardien le Lhasa Apso aime se percher sur un mur élevé d'où il peut guetter les intrus. Cependant, lorsqu'il voyage avec son maître, le Lhasa Apso est tout à fait capable de couvrir de longues distances sur le terrain rocailleux des cols de montagnes, en courant devant les yaks et les chevaux plus lents. Il procède par sauts et par bonds, frayant son chemin lentement là où c'est nécessaire, puis galopant par petits parcours. Son arrière-train doit être bâti pour bondir et pivoter, capable de placer ses pieds arrières bien sous le corps, et devrait inclure une «angulatoire» modéré du grasset. Ses lombes doivent être fortes, très flexibles, jamais faibles ni creuses et la croupe modérément (normalement) angulaire, ni plaie ni redressée. (Le cavalier qui s'y connaît, lorsqu'il achète un cheval pour la chasse recherche une belle croupe arrondie et rejette le type « arabe » avec sa croupe plate qui convient mieux au trot.

Si le Lhasa Apso trotte, nous voulons voir l'allure la plus économique possible. Le trot typique d'un canin sauvage représente la démarche la plus efficace pour couvrir un trajet. Ces animaux laissent tous une piste unique . Certains Apso, avec leurs pattes légèrement raccourcies et leur masse relativement plus importante ne réunissent pas parfàitement la piste unique, mais nous ne voulons pas voir une allure bondissante ou une démarche roulante plus typiques des races chinoises.

La piste d'exposition (de concours) moderne à tendance à standardiser l'allure pour toutes les races pour obtenir « l'allure qui fait le meilleur effet » lorsque l'animal se déplace d'un trot rapide sur une petite piste circulaire plateLe trot n'est certainement pas l'allure d'origine pour un animal qui passe le plus clair de son temps à marcher et à sauter. Alors que nul ne saurait faire d'objection si un Lhasa Apso de forme correcte a aussi une démarche spectaculaire lors du trot, cela n'a pas grand chose à faire avec le fait d'être le meilleur Lhasa (le plus proche du type). Le Lhasa Apso doit donner l'impression de se mouvoir sans effort, d'une façon égale, sans heurts, sans bonds, sans roulement ni ruade. Force, agilité, pieds sûrs tels sont les caractéristiques du Lhasa Apso.

Le mouvement, exagéré, dans une allure quelconque est atypique, car il gaspille l'énergie, ce qui pose un problème potentiellement mortel à altitudes et températures extrêmes.

ROBE: LOURDE, DROITE, DURE, NI LAINEUSE NI SOYEUSE, DE BONNE LONGUEUR ET TRÈS DENSE. Bien entendu, telle est la fourrure dont le Lhasa a besoin comme protection et comme isolation, Un certain feutrage du sous-poil peut-être un avantage pour l'animal, en tant que méthode pare-vent. Un trait de nombreux Lhasa, fléau de l'existence pour les exposants, est la tendance quils ont à se toiletter eux-mêmes, en taillant et peignant leurs propres poils, ce qui a probablement une fonction importante pour la survivance de chiens à poils longs et qui reçoivent peu de soins de toilettage de la part de leur compagnon humain.

Le pelage correct du Lhasa est la victime la plus évidente de l'enceinte d'exposition. Les présentateurs préfèrent un pelage plus doux, plus volumineux que l'on peut sculpter pour changer la silhouette du chien. Au Tibet, ces pelages constitueraient une sérieuse faiblesse et c'est probablement pour cela que les voyageurs rapportent n'avoir vu que très peu de chiens ayant ce genre de pelage.

Il y a quelques malentendus au sujet des mots « une bonne longueur ». Le standard ne demande pas une robe parfaitement soignée et traînant sur le sol, ni même descendant jusqu'au sol. Le standard exige l'évidence qu'il s'agit d'un chien à poils longs sur tout le corps, et non pas par endroit comme l'Afghan. Pénaliser un chien pour sa jeunesse ou pour son style de vie, ou parce que son toiletteur manque d'expérience n'améliorera jamais la race. En fait, la pratique qui consiste à récompenser le « sur-toilettage » se fait au détriment de la santé et du bien-être des animaux, dont certains passent littéralement leur vie assis sur une table ou dans une caisse afin de ne pas abîmer le poil. Mais le Apso est un chien de garde et un compagnon, ce n'est pas un ornement. Le chien ayant un pelage de bonne qualité, de longueur suffisante pour démontrer un aspect uniforme même si on peut y voir de petits endroits mâchés ou abîmés par des jeux bruts et l'exercice en plein air doit être préféré de beaucoup à l'animal de présentation impeccable, avec une fourrure immense de type incorrect.

GUEULE ET MUSEAU (MORS, MORSURE) MÂCHOIRE INFÉRIEURE SOIT A NIVEAU SOIT PRÉFÉRENCE LÉGÈREMENT PROGNATHE. MUSEAU DELONGUEUR MOYENNE, LE MUSEAU CARRÉ EST PROSCRIT. Le museau du Lhasa représente un compromis assez court pour conserver la chaleur et assez long pour que la chambre nasal soit adéquate pour ré- chauffer et humidifier l'air inspiré. Au tiers de la longueur totale de la tête, fi se trouve à mi-che- entre le rapport normal 1/1 de la tête du type loup et les têtes extrêmement raccourcies vers l'avant de certaines races ornementales. Le stan-dard original adopté à la fois en Grande Bretagne et aux États Unis en 1934 déclarait que «Ia bouche est à niveau, ou alors de préférence légèrement prognathe ». Par « bouche à niveau », on veut indiquer que les mâchoires supérieures et inférieures sont de longueur égale. Dans cette situation, l'occlusion dentaire sera soit à niveau, soit à niveau-ciseaux ou ciseaux inversés (le niveau-ciseaux se trouve chez le berger allemand qui a la vrai gueule ciseaux). Un chien à bouche à niveau aura un museau typiquement carré ne tenant aucun compte de l'occlusion dentaire (à vrai dire une gueule « à niveau » serait à niveau même si elle n'avait aucune dent). En deuxième choix, c'est le légèrement prognathe.

Pendant tout un temps, le AKC dans son « Livre Complet du Chien » officiel, la « bouche à niveau » est définie comme « la bouche canine normale » (le mors en ciseaux). En 1978, le standard américain a changé le mot « bouche » pour le mot « mors » et de ce fait a rigoureusement changé la signification. Une bouche « à niveau » signifie que les mâchoires sont au même niveau, ce qui signifie que les dentures peuvent être à niveau, en ciseaux, en ciseaux à l'envers tandis que le mors à niveau signifie une seule chose un mors en tenaille. Le changement d'un seul mot a entraîné la confusion en ce qui concerne les mors à niveau et en ciseaux. Ce changement malvenu du mot « bouche » au mot « mors » est cause du fait que le level-scissor bite (mors à niveau-ciseaux) qui était tout à fait acceptable en 1977 n'est plus acceptable en 1978.

Peut-être serait-il utile, maintenant, de vous présenter une des premières descriptions faites de la race, écrite en 1901,

DRURY W.D., CHEINS BRITANNIQUES, VOL 1 - 3ÈME ÉDITION
« Voici en entier la description faite en 1901 du « Terrier Lhasa », petite race intéressante qu'on trouvait auparavant sous le nom tout à fait inapproprié de Terrier Bhuteer. »

Tête : Distinctement genre terrier. Crâne étroit, en retrait marquant derrière les yeux, pas tout à fait plat mais ni en dôme ni en forme de pomme. Face avant d'assez bonne longueur, fort devant les yeux, le nez large, prononcé et pointu, sans dépression. Le museau carré n'est pas recommander. Le stop, pour une taille égale, est à peu prés celui du type Terrier Skye.

Bouche tout à fait à niveau, mais à choisir, on préférera une bouche légèrement rétrognathe à une bouche prognathe. Les dents sont quelque peu plus petites que ce à quoi on pourrait s'attendre pour un terrier de cette taille. A cet égard, la race semble souffrir, à un degrés extraordinaire, de dents gâtées. A ce jour, je n'ai jamais vu un spécimen importé avec des dents saines.

Oreilles plantées bas et portées prés des joues, similaires aux oreilles du Skye à oreilles tombantes.

Yeux : ni très grands ni proéminents, ni très petits et enfoncés, de couleur marron foncé.

Jambes et pieds : les membres intérieurs doivent être droits Dans toutes les races à membres courts, il y a tendance à des pattes tordues, mais plus les pattes sont droites, mieux cela vaut. L' ossature doit être solide. Du fait de la robe lourde, les pattes ont l'air (et c'est ce qu'il faut) d'avoir des os très lourds mais, en réalité, l'ossature n'est pas lourde. Vos doit être rond et de bonne solidité jusqu'aux doigts de pieds; moins il y a de cheville, mieux cela vaut. Le jarret doit être particulièrement bien descendu. Les pieds doivent être arrondis, comme ceux du chat, avec de bons coussinets.

Corps : En Angleterre, on a tendance à rechercher un « dessus » à niveau et un dos court. Tous les meilleurs spécimens ont une légère cambrure aux reins et le dos ne doit pas être trop court, il doit être considérablement plus long que la hauteur au garrot. Le chien doit avoir des côtes et des reins solides, un arrière-train et des cuisses bien développés.

Queue: La queue doit se porter en panache sur le dos à la façon de la queue du Chow. Tous les chiens Tibétains portent leur queue de cette façon, et une queue portée bas est le signe d'un sang impur.

Robe : Doit être lourde, de bonne longueur et très dense. Le poil doit être bien fourni sur le crâne, et retomber de part et d'autre. Les pattes doivent être bien recouvertes jusqu'aux orteils. Sur le corps, le poil ne doit pas être long jusqu'au sol, comme chez le Yorkshire de concours, il doit laisser passer un peu de jour. D'une façon générale, l'aspect du poil doit donner l'impression qu'il est beaucoup plus dur à l'oeil qu'au toucher. Il doit avoir l'air dur et droit, alors qu'au toucher fi est doux, mais non soyeux. Le poil doit être raide sans tendance à boucler.

Couleur: noir, gris (poivre et sel) foncé, sable, ou un mélange de ces couleurs avec du blanc.

Taille : hauteur à l'épaule d'environ 10 ou 11 pouces pour les chiens, 9 ou 10 pouces pour les chiennes.

La description originale de la race a été considéré assez valable pour servir de base aux standards ultérieurs Anglais et Américains. Comme on voit clairement d'après le langage employé, les standards Anglais et Américains de 1934 plagient des sections entières de la version 190 1. (Quant à moi, il me semble que cette version était supérieure aux standards d'aujourd'hui particulièrement en ce qui concerne la description du corps, des pattes et de la tête).

Le standard anglais a été modifié deux fois depuis 1934. Récemment les Anglais ont opté pour un type de face plus orientale, museau prognathe légèrement retroussé, apparemment sans tenir compte du fait que le Lhasa n'est pas une race orientale mais une race dAsie centrale. La modification la plus récente du standard anglais, bien qu'acceptée par le FCI, a été rejeté par leurs cousins d'Australie. Le nouveau standard anglais du « mordant » qui décrivait la denture comme devant être ligne droite entre les canines constituerait l'une des principales objections de la part des australiens. (Les dents en ligne droite constituent une caractéristique du Bulldog, du Pékinois et de plusieurs races similaires, mais pas des Lhasa Apso).

L' adaptation de ces modifications, semble-t-il, ne tenait pas compte du fait que la plupart des chiens originaux qui arrivèrent de l'Himalaya comme cadeaux du Dalaï Laina, ou ramenés par les Baily ou Cutting, avaient des bouches à niveaux. Es n'avaient pas de bouches prognathes, retroussées, que demandent les standards actuels Anglais et FCI. Des photos et des descriptions de la race des années 30 et 40 le montrent très clairement. La description plus ancienne de la race, imprimée en 1901, déclarait « bouche bien à niveau, mais, à choisir mieux vaut un léger «overshot» qu'un bouche «.undershot» ». La plupart des récents spécimens ramenés du Bhutan avaient le « mordant » en ciseau. En conséquence, à vous faut décider si vous considérez que la véritable race est représentée par le Lhasa du type Anglais ou le Lhasa Tibétain original.

Mis à part les forts arguments historiques qui rejettent la bouche d'un prognathisme important pour favoriser la bouche « à niveau », il y a des arguments biologiques encore plus forts. La bouche prognathe, dans laquelle il n'y a pas d'occlusion entre les incisives supérieures et inférieures, est une bouche malsaine : il s'ensuit la perte précoce des dents. Comme tout dentiste peut vous le dire, les dents restent saines grâce au contact et à la pression des dents de la mâchoire en vis-à-vis. Sans cette pression les dents se soulèvent, il y a perte d'os autour des dents sans opposantes, il s'ensuit que les dents se déchaussent et qu'elles tombent très tôt. Alors qu'avec un « mordant » à niveau ou en ciseau inversé, les canines inférieures se logent dans l'espace entre l'incisive latérale et la canine de la mâchoire supérieure. Ce rapport est important pour lancrage du « mordant » en occlusion stable. Si les incisives inférieures s'étalent en ligne droite entre les canines, il y a malocclusion des canines, avec perte de stabilité du « mordant » antérieur, chez un chien qui ne peut s'attendre à beaucoup d'assistance de la part d'une sage-femme humaine, le manque d'occlusion des dents avants à pour conséquence des morts néonatales dues à un cordon ombilical mal coupé. Parce que le prognathisme (qui fait que les incisives supérieures et inférieures ne se touchent pas, et que les canines ne s'engrènent pas bien) est malsain (tout aussi malsain que la « bouche en perroquet ») qu'à constitue un désavantage biologique et que ce n'est pas un « mordant » convenable pour un chien Tibétain.

Nous n'avons pas encore mentionné le fait que notre petit Tibétain pourrait se servir d'une denture complète de bonnes dents saines. Elle lui serrait bien commode pour attraper, à l'occasion, quelques petits rongeurs comme supplément à son régime. On ne voit pas trop souvent des petites dents en grain de riz, qui ont des racines courtes et tombent très tôt. Ces anormalités dentaires, dont certaines sont recherchées activement par les éleveurs occidentaux qui n'y connaissent rien, sont véritablement des désavantages pour un chien Tibétain.

TÊTE: PELAGE LOURD BIEN FOURNI SUR LA TÊTE, RETOMBANT BIEN SUR LES YEUX BONNES MOUSTACHES ET BARBE. CRÂNE ÉTROIT SE RÉTRÉCISSANT DE FAÇON MARQUÉE DERRIÈRE LES YEUX, PAS TOUT À FAIT PLAT, MUS NI EN DOME NI EN FORME DE POMME, FACE AVANT DROITE ASSEZ LONGUE. NEZ NOM LA LONGUEUR ENTRE LE BOUT DU NEZ ET L 'OEIL DOIT ÊTRE D 'ENVIRON LE TIERS DE LA LONGUEUR TOTALE ENTRE LE NEZ ET LE DOS DU CRÂNE. La description de la couverture de la tête est exactement ce dont notre Tibétain a besoin pour se protéger du froid, du vent, de la poussière et du soleil. Le crâne est du type auquel on peut s'attendre sur une tête modifiée dans ces proportions. Le front, droit, est important. Il fournit les passages d'air les plus efficaces. Le standard ne fait pas mention d'éviter le nez pincé qu'on peut voir aujourd'hui chez certains Lhasa. Mis à part l'expression désagréable et la mauvaise dentition crées par un museau très étroit, le rétrécissement des voies d'air est fait certainement au détriment d'une bonne respiration. Les incisives absentes ou entassées indiquent que le museau manque de largeur. Les mâchoires capables de contenir une denture complète de dents bien espacées sont suffisamment pourvues d'os pour loger des passages d'air adéquats. De même, un nez très court s'accompagne de problèmes respiratoires qui résultent de palais de cavités nasales étroites et d'une production accrue de mucus nécessaire pour combattre la tendance au séchage. Le cuir du nez et les narines doivent être de bonne taille. Un nez petit, trop court ou pincé serait mortel, à haute altitude.

En Angleterre et sur le continent, on s'attache beaucoup au « menton » en tant que composant essentiel de l'expression Apso. Je trouve des témoignages importants pour contredire cette opinion. Avec une bouche bien à niveau ou légèrement prognathe, on ne voit un menton visible que sur certains animaux ayant des petits nez retroussés et des lèvres supérieures courtes. Non seulement le nez adéquat est nécessaire à la survie, mais dans toutes les premières descriptions du Lhasa, on mentionne un «nose leather» (nez en cuir) pointu ou proéminent. Si le Lhasa possède le grand « nose leather » nécessaire et des grandes narines ouvertes, ce nez surplombera quelque peu la lèvre inférieure, ce qui fera pratiquement disparaître le « menton » même avec un mordu prognathe. Si le « nose leather » est correct, la seule façon d'obtenir un menton proéminent c'est d'avoir une gueule massive prognathe ou retroussée, comme chez le Bulldog. Le petit nez retroussé accompagné d'une lèvre supérieure courte constituent une caractéristique des chiens Chinois qu'on ne voit pas chez les chiens Tibétains. C'est une caractéristique du Chin, Pug, Pékinois et Shih Tzu. Le Lhasa a un (mose leather» plutôt large, une mâchoire à niveau dans laquelle les dents peuvent être à niveau ou légèrement prognathes ; ce qui confèrent au museau cette définition « émoussé ». Mais le Lhasa n'expose un « menton » proéminent que si son mordu ou son nez sont défectueux.

Il y a une autre caractéristique de la tête - que le standard ne mentionne pas - qui est importante chez le Lhasa Tibétain. Le Lhasa a un os malaire proéminent ce qui amène l'oeil dans une position plus frontale que chez la plupart des chiens, et qui protège les yeux de la poussière, des blessures, du froid et du des-sèchement. Cet os supporte la moitié extérieure de l'oeil, lui donnant une forme d'amande. Sans cet os quelque peu proéminent situé juste au dessous et en arrière de l'oeil, les paupières manquent de support et tendent à s'écarter du globe oculaire, ce qui rend l'oeil plus rond et exorbité. L'oeil est aussi plus exposé aux blessures et au des-sèchement. Cette position frontale de l'oeil est une caractéristique de la tête des quatre races Tibétaines et elle est largement responsable de cette expression uniquement «Tibétaine» qu'ils partagent tous. La position frontale de l'oeil con-tribue également à la bonne vision binoculaire, si nécessaire à un chien de garde montagnard. Cet os malaire est un os facial qui, au niveau de l'oeil ajoute un peu de largeur à la tête. Il ne faut pas le confondre avec le crâne qui est étroit, ni avec l'arcade zygomatique. Larcade zygomatique est un os circulaire, bien derrière l'oeil, qui permet aux muscles de la mastication de passer de la mâchoire inférieure à une attache sur le crâne. Chez le Lhasa cette arcade est plutôt longue et aplatie, plutôt que ronde et proéminente.

On a parfois soutenu que la tête « n'a pas d'importance chez le Lhasa parce que ce n'est pas une race de tête ». Cet argument est un prétexte transparent pour faire accepter un type médiocre. En réalité, le standard passe environ un tiers de son texte à décrire la tête. En outre, beaucoup d'aspects d'une tête correcte sont essentiels à la survie dans l'environnement d'origine et, en tant que tels, constituent la véritable base du type de cette race. Les juges doivent en être conscients et essayer de ne pas accorder les meilleures notes à un animal ayant une tête vraiment atypique.

YEUX MARRONS FONCÉS, NI TRÈS GRANDS ET PROTUBÉRANTS, NI TRÈS PETITS ET ENFONCÈS. Avec le raccourcissement de la tête, il y a tendance à l'oeil protubérant et rond. Cette tendance est freinée par le fait qu'un tel oeil serait facilement abîmé par le vent froid et desséchant, par la poussière, le soleil, et même par le port de la tête nécessaire pour protéger les yeux. Un Apso ayant des yeux protubérants serait certainement aveugle encore jeune, dans l'environnement Himalayen. Des visiteurs récents de cette région rapportent n'avoir pas vu un seul Apso avec des yeux ronds et protubérants. Les pigments foncés sont moins susceptibles d'être endommagés par le soleil.

OREILL.ES, PENDANTES, A FRANGES EPAISSES. L'oreille du Lhasa est plutôt petite, plutôt haute, à peine au dessous du sommet de la tête, blottie tout prés de la chaleur de la tête, sous une couverture de poils de la tête. Les oreilles sont extrêmement mobiles et tendent à écarter la couverture de poils lorsque le chien est alerté. C'est vraiment ce qu'il peut avoir de mieux comme oreilles pour se protéger des intempéries, de la poussière ou des blessures. Une oreille de grand chien bas sur pattes du genre épagneul ou chien de meute gèlerait facilement, avec le poids des poils qui empêcherait l'ouïe fine nécessaire à cette race, et de plus une telle oreille pourrait accueillir des parasites et s'infecter.

PATTES : PATTES AVANTS BIEN DROITES, PATTES AVANTS ET ARRIÈRES ABONDAMMENT FOURNIES EN POILS: LES PIEDs BIEN COUVERTS DE POILS DOIVENT ETRE RONDS COMME CEUX DES CHATS AVEC DE BONS COUSSINETS. L' équipement de notre petit Tibétain pour la course et pour le saut est de la plus grande importance. Bien protégées de poils, ses pattes doivent être courtes, fortes et bien musclées. Apso n'a pas la construction avant droite ou le mouvement raide du terrier. Il lui faut la résilience et l'élasticité du chat pour faire face au terrain montagneux avec ses pattes courtes. Les paturons et les jarrets sont bien abaissés, ceci est une nécessité pour un animal qui doit courir et sauter dans des conditions de neige. Nous avons tous regardé nos Apso les jours de neige, galopant comme des lapins au dessus de la neige. Le paturon rigide et la position « sur les pointes » du terrier ne permettraient pas à l'Apso de courir au dessus de la neige. Il a plutôt tendance à avoir des paturons en pente, tournés un peu vers l'extérieur et il marche sur ses coussinets ainsi que sur ses orteils. Non seulement, le dessus de ses pieds est couvert de poils, mais la plante de ses pieds l'est également. Des touffes épaisses de poils poussent entre ses coussinets, ce qui lui donne une protection supplémentaire contre le froid et les cailloux pointus, et comme une espèce de raquette pour ne pas s'enfoncer lorsque la couche de neige est épaisse.

Étant donné que les extrémités de l'Apso sont quelques peu raccourcies, on ne peut pas s'attendre à des pattes avants droites du type terrier. A vrai dire, les pieds tournés vers l'intérieur que l'on voit chez certains terriers constituent une aberration fabriquée par l'homme. Toutes les créatures efficaces à quatre pattes (ou bipèdes) ont tendance à tourner un peu leurs pieds. Si vous ne me croyez pas, regardez vos propres pieds quand vous marchez. De même qu'on ne s'attend pas à une « façade » genre fox terrier, on ne veut pas non plus d'une façade Pékinois. Un peu de déviation au niveau du paturon est acceptable chez le Lhasa, mais pas plus qu'il est nécessaire pour une démarche efficace, élastique.

QUEUE ET PORT: LA QUEUE BIEN FOURNIE DEVRAIT SE RABATTRE EN SPIRALE SUR LE DOS L'EXTRÉMITÉ PEUT ÊTRE TORDUE. UN PORT BAS DE LA QUEUE EST UN DÉFAUT UT SÉRIEUX. Tous les chiens Tibétains ont de longues queue recourbées sur le dos. L'Apso utilise sa queue comme parasol pour se protéger de la chaleur du soleil, et le soir, il s'en sert comme d'une couverture pour courir son nez ou pour border ses parties. Un appendice d'aussi grande valeur doit être protégé et porter en Pair, à l'abri du danger.

Le standard ne mentionne pas « l'implantation de la queue ». Les éleveurs qui s'occupent de concours attachent beaucoup d'importance à une implantation élevée. Très élevée cette implantation va de pair avec un dos creusé et une croupe aplatie. Cette « construction » caractéristique de certains animaux (par exemple, le cheval de route) est incorrecte pour un trotteur. Malgré le port de la queue sur le dos du Lhasa, une croupe plate ou relevée à l'extrémité et un dos creusé constituent indiscutablement un mauvais assemblage pour un animal qui saute. Les juges devraient donc se garder d'insister trop lourdement sur des caractéristiques qui - même si elles font bon effet en concours - ne sont cependant pas intrinsèques de la race.

De même, le standard ne fait aucune mention «Ievel topline» de la ligne de dessus droite. Presque tout le monde semble trouver ce « level topline » désirable. Et même, la tendance actuelle semble pencher vers un « topline » en pente, comme chez le setter. Mais avant de considérer cette ligne de sus droite comme le sine qua non de la qualité, nous devrions nous demander « à quoi cela sert-il à l'animal ? » Si l'on considère les besoins de la construction d'un animal qui saute, il semble que pour le Lhasa, une mise en conformité efficace devrait comprendre qu'il soit un peu plus haut à l'arrière. Croyez vous que c'est pour cela que nous voyons si souvent ce « défaut » ? En fait, l'éleveuse et juge Anglaise Lady Frieda Valentine qui a acheté son premier Lhasa au début des années 30, et qui a jugé nombre des premiers chiens, sentait que c'était un aspect important du type Lhasa lors de ses jugements des dernières années de sa vie, Elle se plaignait souvent du fait que les chiens avaient perdu leurs poupes (en se référant à la poupe surélevée d'un bateau).

EN CONCLUSION: En revoyant les témoignages, je pense que presque tous conviendraient que l'environnement Tibétain a été la force majeure pour la production de cette petite créature remarquable et résistante. Je suppose que la question la plus naturelle qui s'ensuit est « maintenant que nous l'avons sorti du Tibet, qu'allons nous en faire? Allons nous conti- nuer à l'estimer comme la merveilleuse série d'adaptations naturelles quil représente? Ferons nous des sélections pour les mêmes qualités sélectionnées par la nature, le garderons nous fidèle à son type ou bien, allons nous suivre la tendance courante (dans toutes les races) à transformer le type suivant la marche actuelle des concours, jusqu'à ce qu'il ne soit plus qu'un autre petit chien de concours poilu, sans aucune relation biologique avec ses origines?

Il n'arrive que trop souvent que les éleveurs qui ont de l'influence sont ceux qui sont le plus soucieux de gagner des concours. Pour répondre à cette pression du désir de la victoire, il peut se faire des changements rapides du type, en se basant sur le succès d'un spécimen inhabituel « à effet » - ou encore par suite du pouvoir politique du propriétaire. Les juges ont la responsabilité d'empêcher la dégradation de la race, en apprenant ce qu'est le véritable type de la race, et en refusant les honneurs aux spécimens atypiques.

En jugeant un Lhasa Apso, il faut savoir séparer les qualités d'origines et essentielles de la race de celles qui sont « désajoutés ». Tout au moins, la considération de la véritable nature de la race peut aider les éleveurs et les juges à former une lecture plus réaliste de l'importance relative de « défauts » particuliers.

Pour décider si tel « défaut » particulier est important pour le type de la race chez le Lhasa, la question à se poser, et à répondre est : « cette caractéristique est-elle importante pour la survie de l'animal sfi vivait au Tibet ? » Les qualités essentielles à la survie dans son habitat original tels que : solidité, qualité de la robe, type de tête, type de corps ; c'est à cela qu'il faut donner le plus grand poids. Des yeux grands et proéminents, un pelage doux et duveteux, un corps trop court, des épaules ne permettant pas une allonge flexible, un arrière-train qui ne se meut pas sous le chien. Tout ceci constituerait un sérieux handicap pour un chien vivant à moitié sauvage au Tibet, cependant, d'autres défauts tels que le mordu en ciseaux, sont en fait des avantages. Par exemple : les dents sont conservées plus longtemps et les chiennes peuvent couper avec plus d'efficacité le cordon ombilicale de leur bébé, Des traits attirants, mais non essentiels tels que «topline» plat, vivacité du mouvement, longueur du poil, toilettage, qui intéressent seulement l'estimation artificielle du concours, ne doivent jouer qu'un rôle très secondaire, si nous voulons préserver les qualités uniques de la race.

Le Lhasa Apso est une merveilleuse oeuvre de la nature : une expression canine de l'environnement Himalayen. Comme une espèce en danger, le véritable Apso vaut la peine d'être préservé pour le fait même qu'il représente une race primitive et authentiquement naturel. Personne n'aimant vraiment la nature ou les animaux ne peut prétendre le contraire. Tout ce que je peux faire, c'est espérer que les propriétaires, les éleveurs et les juges du Lhasa Apso continueront à l'étudier, à le chérir, et à le juger comme la chose véritablement merveilleuse qu'il est. Les éleveurs et les juges doivent travailler de concert pour le préserver, sinon ces qualités seront perdues à jamais.
 

Lhassa Apso actuel et son jeune propriétaire Tibetain. 

La bonne nouvelle pour ceux d'entre nous qui estiment ses qualités naturelles, c'est qu'il y a toujours en vie un reste de la population du véritable Lhasa Apso. Avec la diminution des restrictions pour les voyages dans les territoires Chinois, des visiteurs ont récemment ramené beaucoup de photos et de rapports sur les chiens Tibétains. J'ai le sentiment profond que tous les éleveurs et juges ont l'obligation de rechercher et d'étudier les images et les comptes-rendus des animaux qui nous arrivent à nouveau du Tibet.

Je suis personnellement en communication avec plusieurs visiteurs récents des camps de réfugiés Tibétains au Népal, Bhutan et Inde du Nord - Ces photos provenant de divers pays voisins du Tibet montrent des Apsos d'un bon type, en fait très semblables aux importations du Tibet des années 30 et 40. Il est encourageant de noter que les photos et rapports les plus récents des Himalayas montrent que nos Lhasa (de bon type) ne s'éloignent encore pas trop de leurs origines. Un ami Européen a récemment obtenu d'entrer au Bhutan (pays fermé) et a rendu visite à de nombreux expatriés Tibétains qui y vivent. Elle était l'invitée de la reine du Bhutan, et a donc eu la grande chance d'obtenir trois magnifiques Apso de la part d'une veille dame Tibétaine de 80 ans qui vit au Bhutan. Cette daine Tibétaine avait obtenu ses premiers Apso, chez des réfugiés de Lhassa, membres de la noblesse Tibétaine. Ces animaux sont de type excellent et après 3 générations d'élevage, sous la supervision du Klub fur Tibetische Hunderasse, ils seront aptes à recevoir des papiers d'immatriculation allemands. Mon expérience vers l'émergence d'autres chiens Himalayens, a accrue l'augmentation de visiteurs Européens dans ces zones.