LA PROPRETE CHEZ LE CHIEN
Les problèmes de propreté sont bien souvent l’une
des causes principales de mécontentement des propriétaires de chiens.
Avant d’aborder le problème de la propreté, il convient de
voir ce que cette notion représente pour le chien. Pendant les deux premières
semaines de leur vie, les chiots ne quittent pratiquement pas leur couche et
sont incapables d’éliminer par eux-mêmes. Ce sont les léchages de leur mère (ou
des stimulations de l’abdomen et du périnée) qui déclenchent miction et
défécation. Au cours de ces léchages, les chiots se tiennent sur le dos,
immobiles, pattes en l’air ; ce comportement va peu à peu se ritualiser et
acquérir une nouvelle signification en devenant un geste de soumission passive.
Pendant environ trois semaines, les fèces et les urines sont ingérées par la
chienne (maintenir un terrier propre permet à la fois de freiner la transmission
d’un grand nombre de maladies et de rendre plus difficile la détection des
jeunes par d’éventuels prédateurs). Au bout de 15 jours, les jeunes canidés
sauvages quittent le terrier pour faire leurs besoins à l’extérieur. Chez nos
chiens domestiques, certains sujets ne se gênent cependant pas pour continuer à
salir leur couche au-delà de cet âge.
La seule règle de propreté qui existe chez les
chiens est d’éviter de salir l’endroit où ils se couchent. L’un des rôles
dévolus aux humains est donc d’apprendre petit à petit au chiot nos propres
règles afin qu’il assimile notre logement à un terrier étendu. Pour que
l’apprentissage de la propreté se fasse dans les meilleures conditions, le chiot
doit être amené plusieurs fois par jour, environ toutes les deux heures, à
l’endroit approprié ; il est indispensable de le faire également après les
repas, les siestes, les jeux. Une surveillance étroite est nécessaire tout au
long de la journée afin de pouvoir intervenir chaque fois que le chiot exprime
son envie en reniflant intensément le sol et en tournant en rond. Il convient
alors de le faire sortir aussitôt, toutes affaires cessantes, et de le féliciter
avec effusion une fois son " devoir " accompli. Si vous ne pouvez pas le
surveiller, il serait préférable de limiter ses mouvements en l’attachant à sa
couche ou en l’enfermant momentanément -mais seulement pour de courts laps de
temps- dans une caisse de transport. Cette méthode permet d’obtenir plus
rapidement de bons résultats et de maintenir des relations harmonieuses avec le
chiot. Même si votre chien précédent a été très vite propre, inutile de vous
énerver avec votre nouveau compagnon à quatre pattes : certains sujets
apprennent plus rapidement que d’autres.
En cas de manquement aux normes, cris et corrections ne
servent à rien. Il est préférable d’aménager son logis de telle sorte que les
dégâts soient réduits au minimum : tapis ôtés, certaines pièces interdites
d’accès. Si le mal est déjà fait, la seule manière de réagir est d’ignorer
totalement le " délit " : le chien ne peut en effet pas faire la relation entre
notre mécontentement et une action qu’il a accomplie, ne serait-ce que quelques
minutes auparavant. Le frapper, lui mettre le nez dans l’urine ne peut que
perturber les relations entre le chiot et ses maîtres.
Au grand désespoir de ses propriétaires, le chiot
semble parfois se retenir au cours de ses promenades pour éliminer dès le retour
au bercail. Il s’agit la plupart du temps d’un animal adopté assez tard et ayant
vécu en chenil. Ayant appris à faire ses besoins sur un certain substrat (par
exemple du béton), il recherche tout naturellement un substrat du même genre… et
le carrelage de la cuisine ou le parquet du salon fait très bien l’affaire ! Il
ne s’agit en aucune façon d’une manifestation de mauvaise volonté mais d’une
simple incompréhension ; seule une bonne dose de patience et des félicitations
dithyrambiques lorsqu’il se soulage à l’extérieur viendront à bout de ce
problème.
Il arrive que des chiens se mettent à éliminer dans
l’appartement une fois parvenus à l’âge adulte. Pour comprendre un peu mieux le
pourquoi d’un tel comportement, il est indispensable d’observer ce qui se passe
chez leurs ancêtres, les loups. Une partie du domaine vital dans lequel chaque
meute vit est interdite d’accès aux congénères étrangers, c’est ce que l’on
appelle un territoire. Pour signaler l’occupation de ce dernier, les animaux
élèvent des barrières olfactives : les frontières ainsi que les routes les plus
souvent empruntées et les endroits importants, tels que les alentours d’une
proie ou le lieu de rendez-vous dans lequel se trouvent les jeunes, sont
systématiquement marqués par l’urine et les fèces des propriétaires des lieux.
Les observations montrent que ce sont surtout les chefs de meute, le mâle et la
femelle alpha, qui marquent le plus (en déposant quelques gouttes d’urine, patte
levée) et qui systématiquement réimpriment leurs marques sur celles de leurs
congénères.
Quant à nos canidés domestiques, des recherches
montrent que, dans certaines circonstances tout au moins, ils ont également
tendance à délimiter un territoire. Cependant, il est évident que les marquages
olfactifs des chiens vivant en étroit contact avec leurs propriétaires et
promenés sous surveillance n’ont plus de fonction territoriale pour leurs
congénères. Toutefois, il semble y avoir corrélation entre la fréquence des
dépositions urinaires et le statut social de l’animal ; en effet, un animal sûr
de lui lève beaucoup plus souvent la patte qu’un sujet ayant un tempérament plus
timide. Les marquages pourraient également permettre à nos chiens de se rassurer
lorsqu’ils se trouvent dans des endroits inconnus puisque alors, les marquages
ont tendance à s’amplifier. En tout cas, ces effluves odorants sont source de
nombreuses informations quant au sexe et à l’état reproducteur de l’émetteur. On
pense qu’ils donnent également des renseignements quant à son âge, son état de
santé, sa diète, son identité (s’il s’agit d’un animal connu) et ses émotions.
Alors, quand votre compagnon à quatre pattes semble hypnotisé devant un bout
d’herbe, ne vous étonnez pas : il est tout simplement en train de lire les
dernières nouvelles canines !
Les problèmes de propreté
Lorsqu’un chien adulte se soulage à l’intérieur du
logement, il convient d’analyser la situation de manière approfondie pour
trouver le mobile de ce comportement. Pour cela, il faut passer en revue
l’ensemble des comportements du sujet incriminé et tenter d’élucider les
relations qu’il entretient avec les humains, voire les autres canidés, qui
l’entourent. Les causes de la perte de la propreté sont nombreuses.
- La visite d’un chien du même sexe dans le logis
peut amener le " propriétaire " de celui-ci à affirmer sa possession en
réimprimant son odeur .
- Parfois, le chien lève systématiquement la patte
contre diverses pièces du mobilier, il arrive qu’il le fasse sous les yeux de
son maître, parfois même en le fixant. Il s’agit le plus souvent d’un chien
cherchant à affirmer sa dominance (ou à la réaffirmer lorsque la situation n’est
pas claire). Il veut alors faire passer le message : " c’est bien moi le chef ".
- Lorsque le chien fait plus ou moins
systématiquement ses besoins en l’absence de ses maîtres, il y a de fortes
chances qu’il agisse par anxiété face à la solitude. C’est souvent le cas d’un
chien qui n’a pas appris à être indépendant et qui vit collé aux basques de ses
humains. Dans un tel cas, les pipis ou les selles sont en général répartis à
différents endroits. D’autres chiens peuvent exprimer leur état d’anxiété en
urinant également alors que les maîtres sont proches d’eux Contrairement à ce
que la plupart des propriétaires pensent, il ne s’agit pas d’une vengeance, mais
simplement d’un état anxieux qui empêche l’animal de se contrôler. Même s’il
prend un air coupable au retour de ses maîtres, ce n’est pas parce qu’il sait
avoir mal agi, mais tout simplement parce qu’il a associé la flaque d’urine à la
punition qu’il va recevoir. En s’aplatissant au sol ou en se cachant, il cherche
tout simplement à apaiser l’humain, car ce comportement inhibe l’agressivité des
congénères. En le grondant, non seulement on ne lui apprend rien, mais en plus,
on viole les règles canines et de ce fait, on augmente à la fois l’état anxieux
et le comportement problématique.
- Un jeune chien peut également uriner par excitation au
retour des maîtres ou à l’arrivée des visites. Un autre peut le faire pour
montrer sa soumission, imitant ainsi le comportement des chiots pendant les
léchages maternels. Dans ce cas, il est indispensable d’éviter toute gronderie…
ce qui amènerait votre animal à se soumettre encore plus, et donc à augmenter
son émission urinaire !
Que faut-il alors faire pour remédier au problème de
malpropreté ?
- S’il s’agit d’une perte brutale de la propreté
chez un chien d’un certain âge, une visite chez le vétérinaire s’impose.
- Ne jamais gronder l’animal s’il n’est pas pris
sur le fait. La punition ne sert à rien et dans le cas d’élimination par
anxiété, elle a même tendance à augmenter le problème.
- Ne jamais nettoyer devant le chien sous peine
d’augmenter son incompréhension (les mimiques de colère sur le visage sont en
contradiction avec ce qui, chez les canidés, ressemble à une attitude de jeu
lorsqu’on se baisse pour éponger)
- N’utiliser que des produits de nettoyage neutres.
- S’il s’agit d’un chiot, aménager le logis en
conséquence pour éviter de trop gros dégâts.
- En cas d’affirmation faite par le chien de son
statut supérieur, établir ou rétablir un ordre hiérarchique en le plaçant tout
en bas de l’échelle sociale.
- En cas d’anxiété de séparation, habituer petit à
petit le chien à prendre ses distances.